Côté artistes
Dessiner tous les jours quand on tatoue toute la journée
Par l'équipe MonTatoueur · Publié le 16 septembre 2026
Tu termines ta dernière séance à 19 heures, tu ranges, tu échanges quelques messages, et le carnet de croquis reste fermé. Ça fait trois jours que tu n'as pas dessiné pour toi. Pourtant, tu sais que c'est en dessinant qu'on continue à progresser, à nourrir ce qu'on propose, à sortir de la répétition.
Le problème n'est pas le manque d'envie. C'est que tatouer fatigue les mains, le dos, la tête. Quand la journée est finie, l'idée de te rasseoir avec un stylo ne vient pas naturellement. Et plus tu laisses passer de jours, plus la reprise devient lourde, plus tu te dis qu'il faut que ça soit « un vrai dessin », et moins tu t'y mets.
Une routine qui tient, c'est une routine qui ne demande pas de volonté tous les matins. Elle se glisse dans ce que tu fais déjà, elle ne cherche pas la performance, elle accepte les jours vides.
Le bon moment n'est pas toujours le soir
Beaucoup de tatoueurs qu'on a interrogés dessinent le matin, avant d'allumer la machine. Quinze minutes, une demi-heure, sans objectif de rendu. Le cerveau est frais, la main n'est pas encore sollicitée huit heures d'affilée.
Si tu ouvres ton atelier à 10 heures, ça peut vouloir dire arriver à 9h30 avec un café et un carnet. Pas pour préparer un flash : pour dessiner ce qui te plaît. Une forme, un geste, une texture, une main, un œil. Ça ne sert à rien d'immédiat, et c'est justement pour ça que ça sert.
D'autres préfèrent la pause du midi. Vingt minutes, seul, sans écran, juste le carnet. Pas un projet client, pas un exercice technique : un dessin qui ne doit rien à personne.
Le soir marche aussi, mais seulement si tu l'ancres à un geste précis. Par exemple : tu ranges ton poste, tu mets une playlist que tu n'écoutes que pour ça, tu t'assois ailleurs que sur ta chaise de tatoueur. Le rituel compte plus que l'heure.
Le format qui ne pèse pas
Un carnet A4, c'est bien pour un projet. C'est lourd pour une routine. Un carnet A5 ou A6, que tu gardes dans ton sac, que tu sors n'importe où, qui ne demande pas de « s'installer », ça change tout.
Certains tatoueurs utilisent leur tablette pour ça. L'avantage : toujours sur soi, pas de matériel à sortir. L'inconvénient : c'est aussi l'écran des messages, des réseaux, des distractions. Si tu choisis le numérique, ouvre une app de dessin dès que tu la déverrouilles, sans passer par les réseaux sociaux.
Le support importe peu. Ce qui compte, c'est qu'il soit là, toujours au même endroit, et qu'il ne demande rien d'autre qu'un stylo.
Dessiner sans chercher à bien dessiner
La routine casse dès que tu te mets la pression. Si chaque dessin doit être réussi, publiable, digne de ton niveau, tu ne dessineras que les jours où tu te sens en forme. C'est-à-dire rarement.
Les tatoueurs qui dessinent tous les jours dessinent souvent mal. Ils font des croquis moches, des proportions fausses, des essais ratés. Ils les laissent dans le carnet, ils tournent la page, ils recommencent le lendemain.
Tu peux te fixer une contrainte simple : un dessin par jour, peu importe lequel. Une main. Un crâne. Une rose. Un animal que tu as vu dans la rue. Pas un dessin pour le portfolio : un dessin pour garder la main qui dessine vivante.
Certains artistes font des séries. Dix crânes d'affilée. Vingt mains. Trente yeux. L'idée n'est pas de progresser en une journée, mais de voir ce qui change entre le premier et le dernier.
Séparer le dessin client du dessin pour toi
Quand tu dessines toute la journée pour des projets clients, tu te dis que tu dessines déjà. C'est vrai. Mais ce n'est pas le même geste.
Le dessin client répond à une demande, à un budget, à une zone du corps, à un délai. Il suit des contraintes. C'est un exercice précieux, mais il ne nourrit pas la même chose qu'un dessin libre. Sur MonTatoueur, le budget moyen que les clients déclarent pour leur projet est d'environ 260 € (source : MonTatoueur, depuis septembre 2025).
Prenons Lucas, tatoueur depuis quatre ans, qui fait beaucoup de floral blackwork. Il dessine tous les matins, mais jamais des fleurs. Il dessine des portraits, des animaux, des textures organiques. Des choses qu'il ne tatoue pas, ou rarement. Ça l'empêche de tourner en rond, ça enrichit sa façon de composer, même sur les projets qui n'ont rien à voir.
Si tu tatoues du réalisme toute la semaine, dessine du graphique pour toi. Si tu fais du néo-trad, essaie l'encre et l'aquarelle. Si tu travailles en couleur, fais du noir et blanc. Le dessin personnel, c'est l'endroit où tu n'as pas à être cohérent.
Les jours où tu sautes
Tu vas sauter des jours. Une journée trop longue, une soirée avec des amis, une semaine de convention, un coup de fatigue. C'est normal.
Ce qui tue une routine, ce n'est pas de sauter un jour. C'est de décider que puisque tu as sauté, autant tout lâcher. La routine qui tient accepte les trous. Elle reprend le lendemain, ou deux jours après, sans repartir de zéro.
Si tu as loupé une semaine, ne te force pas à rattraper. Reprends là où tu en es, avec un dessin court, sans enjeu. Quinze minutes. Un visage. Une feuille. N'importe quoi qui remette le crayon en mouvement.
Les outils qui simplifient
Une routine se nourrit d'outils simples, toujours prêts. Un stylo que tu aimes, un carnet qui s'ouvre à plat, une tablette chargée. Pas besoin de sortir quinze feutres, de préparer une palette, de chercher la bonne mine.
Beaucoup de tatoueurs dessinent au Bic, au feutre ou au crayon de papier. Pas parce que c'est joli : parce que ça ne demande rien. Tu t'assois, tu dessines, tu ranges.
Si tu dessines en numérique, garde un pinceau favori, un calque de base, une résolution fixe. Plus c'est automatique, moins tu perds de temps à choisir, plus tu dessines.
Pourquoi continuer
Tu ne verras pas de différence après une semaine. Tu en verras une après trois mois. Pas forcément dans la technique : dans la facilité à dessiner. Dans la vitesse à laquelle les idées viennent. Dans la fluidité du geste quand tu prépares un projet client. Sur MonTatoueur, quand un tatoueur répond à une demande reçue sur le site, il l'ouvre en médiane en 30 heures (source : MonTatoueur, 90 derniers jours).
Les tatoueurs qui dessinent tous les jours ne dessinent pas mieux que les autres. Ils dessinent plus vite, avec moins de doute, et ils ont un réservoir d'idées qui vient de ce qu'ils ont essayé pour rien.
C'est aussi un espace où tu restes en contact avec ce qui t'a donné envie de tatouer : faire des images parce que ça te plaît, sans autre raison. Une séance de huit heures, c'est une performance physique et mentale. Un quart d'heure de dessin libre, c'est un rappel que tu fais ce métier parce que tu aimes dessiner.
La routine qui te ressemble
Il n'y a pas de bonne heure, de bon support, de bon sujet. Il y a ce qui te fait dessiner, et ce qui te fait culpabiliser sans dessiner.
Si quinze minutes le matin marchent, garde ça. Si c'est une heure le dimanche, garde ça aussi. Si c'est trois dessins par semaine et rien d'autre, c'est déjà une routine.
Ce qui compte, c'est que le geste revienne régulièrement, sans effort, sans décision à prendre. Que tu saches où est ton carnet, que tu aies envie de l'ouvrir, que tu le refermes sans te demander si c'était assez bien.
Dessiner tous les jours, ce n'est pas une discipline. C'est une habitude qui te rappelle pourquoi tu fais ce métier, et qui nourrit discrètement tout ce que tu tatoueras demain.
Sources
- Échanges avec plusieurs tatoueurs référencés sur MonTatoueur, menés en 2025 et 2026, au sujet de leurs routines de dessin et de préparation
- Observation des publications et carnets de recherche partagés par des artistes sur les réseaux sociaux et dans des groupes professionnels, 2024-2026
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Obtenir mon premier client gratuitementTexte rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle et illustration générée par IA, relus et vérifiés par l'équipe MonTatoueur avant publication.